Bon. Cela fait quelques jours que je n'ai pas blogué mon activité pokerienne, et ce, malgré une riche actualité. Depuis ma 4e place au 150 KO de l'acf mardi dernier, j'ai beaucoup joué avec plus ou moins de réussite. Sur le net tout d'abord ou j'ai enchainé plusieurs gros tournois sans réussite. Si je n'avais fini 12e sur 1743 joueurs (!!!) sur Pokerstars cette nuit, j'aurais pensé que mes récents résultats n'étaient dûs qu'à la chance... Fort heureusement il y a eu ce résultat au terme d'une nuit blanche passée devant mon écran, à écouter du Brahms du Schubert et du Booba en boucle. Ce ne fut que très peu rémunérateur au vu du nombre d'heures jouées (475$ pour 6h), mais rassurant pour l'ego, cette victoire est encourageante.
Je n'ai pas particulièrement bien joué et j'ai eu beaucoup de chance sur des coin flip; une paire de 4 qui tient face a un AK, un tirage trèfle qui tombe sans souffrance a la turn contre un brelan floppé, des vols de blinds qui se terminent en full au flop avec 8T (ma main fétiche).
Et puis il y a eu aussi le cash game, toujours à l'acf ou j'ai fait perdurer une cave de 900 euros jusqu'à aujourd'hui. A noter une journée mémorable ou je perds 500 dans l'après midi avant de tout récupérer dans la nuit. Tout ça pour dire que je me tâte à retenter le même tournoi de la semaine dernière ce soir. Reste un gros problème : je n'ai pas dormi, je suis au boulot, et le tournoi débute a 21h.
Dure est la condition du gambler...
15 juillet 2008
9 juillet 2008
Et ça continue, encore et encore...
Bon. Je sais, c'était totalement déraisonnable mais je n'y peux rien j'ai retenté ma chance. A l'heure ou j'écris je viens de rentrer à la maison après avoir participé à un 150 euros knockout à l'ACF. Je finis 4e sur 111 participants au terme d'une session de plus de 6 heures...
J'ai moi-même du mal à y croire, il s'agit de ma troisième table finale en une semaine, et ma deuxième table finale live en 3 jours. Le principe de ce tournoi était le suivant : en plus du prizepool traditionnel, on recevait 30€ pour chaque joueur que l'on éliminait. Et comme j'ai éliminé 6 participants, j'ai donc reçu en plus de la dotation pour la 4e place, six fois 30 euros, ça fait toujours plaisir. Je n'avais jamais participé à ce genre de tournoi et je trouve ce système bien sympathique, bien qu'il n'ait aucunement changé mon style de jeu.
J'ai joué sérieusement de bout en bout et je suis très satisfait de ce résultat. Mais maintenant je suis épuisé, je vais dormir, j'aurai le temps d'analyser tout cela demain.
Pfiou !
J'ai moi-même du mal à y croire, il s'agit de ma troisième table finale en une semaine, et ma deuxième table finale live en 3 jours. Le principe de ce tournoi était le suivant : en plus du prizepool traditionnel, on recevait 30€ pour chaque joueur que l'on éliminait. Et comme j'ai éliminé 6 participants, j'ai donc reçu en plus de la dotation pour la 4e place, six fois 30 euros, ça fait toujours plaisir. Je n'avais jamais participé à ce genre de tournoi et je trouve ce système bien sympathique, bien qu'il n'ait aucunement changé mon style de jeu.
J'ai joué sérieusement de bout en bout et je suis très satisfait de ce résultat. Mais maintenant je suis épuisé, je vais dormir, j'aurai le temps d'analyser tout cela demain.
Pfiou !
8 juillet 2008
A nos actes manqués
J'avais décidé de continuer sur ma lancée et accompagné de 2 amis, je me suis rendu au cercle Wagram. Au départ je devais me limiter au cash game, mais au bout d'une heure moyennement productive (j'ai gagné 30 euros...) je n'ai pas pu résister à l'appel de la compétition. On annonçait dans les hauts parleurs un 100 euros freezout. Je me suis donc inscrit, pour voir.
C'était mon premier tournoi a Wagram et la première chose qui m'a frappé c'est le niveau de jeu. Moi qui suis un habitué de l'ACF je ne pouvais que constater l'écart abyssal entre les deux cercles pourtant proches géographiquement. Si l'on suit la classification de joueurs de Phil Hellmuth, à savoir :
The Mouse, the rocks who only play the best hands or close to it.
The Elephant, AKA the calling station
the Jackal, the maniac raiser.
the Lion, the solid, aggressive player.
the Eagle, a world class player.
Je décrirais la ménagerie wagramienne comme essentiellement composée de chacals, d'éléphants et de souris. Je n'ai croisé que très peu de lions et si il y avait un aigle je ne l'ai pas rencontré.
Dans ce contexte assez déroutant comparé à la fosse au lions ACF, j'ai joué mon jeu en début de tournoi et monté un pile de jetons honorable. Mais j'ai craqué vers la fin en manquant de discipline et je me suis fait sortir par un éléphant qui paie mon tapis avec la middle pair du flop !
Si je dois analyser mes derniers tournois la chose importante qui en ressort est le manque de discipline, notamment vers la fin du tournoi. Il faudrait que j'arrange ça très rapidement si je veux enchainer les places payées. Même si les moves sont obligatoires pour gagner (j'en reste convaincu), il faut savoir relativiser et ne pas risquer son stack surtout quand on sait que chaque siège libéré nous rapproche de la victoire.
C'était mon premier tournoi a Wagram et la première chose qui m'a frappé c'est le niveau de jeu. Moi qui suis un habitué de l'ACF je ne pouvais que constater l'écart abyssal entre les deux cercles pourtant proches géographiquement. Si l'on suit la classification de joueurs de Phil Hellmuth, à savoir :
The Mouse, the rocks who only play the best hands or close to it.
The Elephant, AKA the calling station
the Jackal, the maniac raiser.
the Lion, the solid, aggressive player.
the Eagle, a world class player.
Je décrirais la ménagerie wagramienne comme essentiellement composée de chacals, d'éléphants et de souris. Je n'ai croisé que très peu de lions et si il y avait un aigle je ne l'ai pas rencontré.
Dans ce contexte assez déroutant comparé à la fosse au lions ACF, j'ai joué mon jeu en début de tournoi et monté un pile de jetons honorable. Mais j'ai craqué vers la fin en manquant de discipline et je me suis fait sortir par un éléphant qui paie mon tapis avec la middle pair du flop !
Si je dois analyser mes derniers tournois la chose importante qui en ressort est le manque de discipline, notamment vers la fin du tournoi. Il faudrait que j'arrange ça très rapidement si je veux enchainer les places payées. Même si les moves sont obligatoires pour gagner (j'en reste convaincu), il faut savoir relativiser et ne pas risquer son stack surtout quand on sait que chaque siège libéré nous rapproche de la victoire.
7 juillet 2008
Stratégie tournoi #2
Je vais revenir sur une main du tournoi d'hier à l'ACF. Cette main intervient en début de tournoi, il reste encore une centaine de joueurs. J'ai paire de 8 et les blinds sont a 50/100. Mon tapis s'élève a 5500 et je suis under the gun. Je call à 100 et William, un habitué des lieux et que je trouve assez lisible, relance a 300 deux sièges apres moi. Tout le monde se couche jusqu'à la grosse blind qui call. Je call également (normal).
Le flop arrive AT9 rainbow
La grosse blind check, je check également et William mise 200. A ce niveau-là je le mets immédiatement sur un As-Valet ou un As-Dame. La grosse blind call les 200 et c'est à mon tour de parler. Le tapis des autres joueurs étant inférieur au mien, mon instinct me dicte de tenter quelque chose. Je décide donc de relancer a 600, en espérant que mes adversaires n'aient au maximum qu'une paire max - dont je suis quasi assuré pour ce qui est de William - et pensent que j'ai AT, 9T ou A9 dans les mains. Les deux joueurs callent mais c'était prévu : comment ne pas caller 600 ici avec une paire max.
La turn donne un 9
Superbe tableau pour moi. Le premier joueur check et j'envoie immédiatement 1200. William hésite et à ce moment je me dis "Merde, si la turn me donne un full normalement je n'envoie pas aussi fort" mais me ravise en pensant que cette mise est tout a fait crédible si j'ai AT dans les mains.
Au final les deux joueurs couchent tous les deux leurs mains et le joueur en grosse blind m'avouera un peu plus tard qu'il avait un As mal kické dans les mains.
Un nice move de plus un !
Le flop arrive AT9 rainbow
La grosse blind check, je check également et William mise 200. A ce niveau-là je le mets immédiatement sur un As-Valet ou un As-Dame. La grosse blind call les 200 et c'est à mon tour de parler. Le tapis des autres joueurs étant inférieur au mien, mon instinct me dicte de tenter quelque chose. Je décide donc de relancer a 600, en espérant que mes adversaires n'aient au maximum qu'une paire max - dont je suis quasi assuré pour ce qui est de William - et pensent que j'ai AT, 9T ou A9 dans les mains. Les deux joueurs callent mais c'était prévu : comment ne pas caller 600 ici avec une paire max.
La turn donne un 9
Superbe tableau pour moi. Le premier joueur check et j'envoie immédiatement 1200. William hésite et à ce moment je me dis "Merde, si la turn me donne un full normalement je n'envoie pas aussi fort" mais me ravise en pensant que cette mise est tout a fait crédible si j'ai AT dans les mains.
Au final les deux joueurs couchent tous les deux leurs mains et le joueur en grosse blind m'avouera un peu plus tard qu'il avait un As mal kické dans les mains.
Un nice move de plus un !
2e table finale en une semaine
Cette fois-ci c'est en live au fameux tournoi "Club poker" de l'ACF que j'ai participé a ma deuxieme table finale de la semaine. J'ai fini 8e sur 143 participants. Ce fut un tournoi sympathique bien qu'éprouvant physiquement (près de 6 heures quand même) où je n'ai cessé de faire le yoyo. Je finis payé donc, mais j'aurais pu faire beaucoup mieux si je n'avais pas fait quelques grossières erreurs sur la fin.
En tous cas c'est bien, en ce moment j'enchaine les bons résultats. To be continued ...
En tous cas c'est bien, en ce moment j'enchaine les bons résultats. To be continued ...
4 juillet 2008
Et de deux !
Une deuxième table finale en 2 mois sur le même tournoi online ! Je pense que je vais me spécialiser :)
Une belle troisième place après ma victoire il y a un mois au 30,000$ garantis d'Everest Poker.
Ce qui est fort c'est que j'ai pris en compte les dernières remarques notées sur ce blog, et au final j'ai joué plutôt serré, tenté moins d'acrobaties et exploité au bon moment les ouvertures.
Je suis content de moi au final même si je sors 3e sur un de mes vieux démons; je paye à tapis avec une double ventrale !! L'autre en face avait floppé son brelan, inutile de vous raconter la suite... Je ferai mieux la prochaine fois.
Une belle troisième place après ma victoire il y a un mois au 30,000$ garantis d'Everest Poker.
Ce qui est fort c'est que j'ai pris en compte les dernières remarques notées sur ce blog, et au final j'ai joué plutôt serré, tenté moins d'acrobaties et exploité au bon moment les ouvertures.
Je suis content de moi au final même si je sors 3e sur un de mes vieux démons; je paye à tapis avec une double ventrale !! L'autre en face avait floppé son brelan, inutile de vous raconter la suite... Je ferai mieux la prochaine fois.
3 juillet 2008
Un martiniquais à Vegas

Il y'a quelques temps, j'ai rencontré dans mon cercle de jeux parisien préféré un camarade de classe, avec qui j'étais au lycée en Martinique. A l'époque il était cadre supérieur, ingénieur d'une grande école et néanmoins passionné de poker. Je me souviens d'ailleurs que l'intensité qu'il mettait dans ses actions était dangereusement contagieuse. En bon martiniquais, c'est l'emphase qui l'emportait dans son jeu et à son contact je ne pouvais plus réprimer de bons "koké manmanw" après avoir eu une main max, ou le simple "hissalop" pour un bad beat. Bref. Je l'ai recroisé 2 ou 3 fois et un jour, il me déclare qu'il a démissionné, qu'il consacre sa vie exclusivement au poker.
Le choc de cette annonce passé, je l'ai souvent envié m'enquerrant régulièrement de ses derniers résultats sans pour autant avoir de nouvelles. Mais aujourd'hui en parcourant les résultats des WSOP 2008 je tombe sur sa photo !
Je lui envoie donc un gros "big up" et encore bravo d'avoir représenté la Martinique jusqu'à Las Vegas. J'ai hâte que ce soit mon tour !
Allez David !
Enorme : http://www.brightcove.tv/title.jsp?title=1591601903
2 juillet 2008
Strategie de tournoi #1
Faut-il garder un œil sur le classement ?
Hier soir j'ai participé à un tournoi de Texas Hold'en no limit sur Pokerstars avec un gros prizepool de près de 133.000$. La gagne était a peu près de 24K$ et les 80 premières places étaient payées. Le nombre de participants à ce tournoi était d'environ 900.
La question que je souhaite aborder ici est la gestion de l'évolution de son stack au fil du tournoi. J'ai remarqué que souvent quand je me retrouve parmi les premières places du tournoi assez rapidement, je suis obnubilé par le classement et j'ai bien peur que cela affecte mes décisions.
Dans une interview de Phil Ivey, j'avais lu que ce dernier aime "amasser le plus de jetons possible avant la bulle afin de voler plein de blinds par la suite". C'est bien beau mais, comment on fait ?
Nombreux parmi nous sont ceux qui ont parcouru les ouvrages de Dan Harrington sur les tournois de Texas hold'em no limit, notamment le n°2 : "The end game" qui traite de la manière dont il faut jouer les fins de tournois. Il nous y montre comment le "M" affecte la stratégie. Je ne me souviens pas exactement de ce qu'il préconise quand notre "M" est excellent (>30), mais je promets de regarder...
Je discutais de ce sujet avec un des mes amis pokeriens. Il me soutenait mordicus que plus notre M est grand plus nous nous devons d'être sélectifs dans nos mains. Mais force est de constater que je n'applique pas du tout cette stratégie. En effet j'ai du mal à ne pas suivre une relance moyenne préflop avec une main moyenne comme QT dépareillés si j'ai une bonne position. Et dans le tournoi auquel j'ai participé, je tenais absolument à conserver mon cheap lead et cette obsession m'a fait jouer plus de mains et de façon plus agressive.
Apparemment cette approche est une erreur puisque cela ne m'a pas réussi; je me suis fait grignoter petit a petit pour finir a une pitoyable 327e place alors que j'avais gardé le chip lead pendant plus d'une heure. En tous cas, la réponse a notre question initiale est clairement : non. Je reste convaincu qu'il faut savoir se détacher de son classement dans le tournoi tant que l'on approche pas la bulle.
Hier soir j'ai participé à un tournoi de Texas Hold'en no limit sur Pokerstars avec un gros prizepool de près de 133.000$. La gagne était a peu près de 24K$ et les 80 premières places étaient payées. Le nombre de participants à ce tournoi était d'environ 900.
La question que je souhaite aborder ici est la gestion de l'évolution de son stack au fil du tournoi. J'ai remarqué que souvent quand je me retrouve parmi les premières places du tournoi assez rapidement, je suis obnubilé par le classement et j'ai bien peur que cela affecte mes décisions.
Dans une interview de Phil Ivey, j'avais lu que ce dernier aime "amasser le plus de jetons possible avant la bulle afin de voler plein de blinds par la suite". C'est bien beau mais, comment on fait ?
Nombreux parmi nous sont ceux qui ont parcouru les ouvrages de Dan Harrington sur les tournois de Texas hold'em no limit, notamment le n°2 : "The end game" qui traite de la manière dont il faut jouer les fins de tournois. Il nous y montre comment le "M" affecte la stratégie. Je ne me souviens pas exactement de ce qu'il préconise quand notre "M" est excellent (>30), mais je promets de regarder...
Je discutais de ce sujet avec un des mes amis pokeriens. Il me soutenait mordicus que plus notre M est grand plus nous nous devons d'être sélectifs dans nos mains. Mais force est de constater que je n'applique pas du tout cette stratégie. En effet j'ai du mal à ne pas suivre une relance moyenne préflop avec une main moyenne comme QT dépareillés si j'ai une bonne position. Et dans le tournoi auquel j'ai participé, je tenais absolument à conserver mon cheap lead et cette obsession m'a fait jouer plus de mains et de façon plus agressive.
Apparemment cette approche est une erreur puisque cela ne m'a pas réussi; je me suis fait grignoter petit a petit pour finir a une pitoyable 327e place alors que j'avais gardé le chip lead pendant plus d'une heure. En tous cas, la réponse a notre question initiale est clairement : non. Je reste convaincu qu'il faut savoir se détacher de son classement dans le tournoi tant que l'on approche pas la bulle.
27 juin 2008
Une soirée a l'ACF
Hier soir, comme souvent depuis 3 ans j'étais à l'Aviation Club de France et la soirée fut particulièrement riche en enseignements. Tout d'abord, moi qui suis d'habitude d'un naturel plutôt réservé, je me suis un petit peu plus ouvert et j'ai discuté avec des gens que je croise depuis longtemps mais avec qui je n'avais jamais osé échanger. Parmi ces personnes, un bloggeur de l'acf qui m'a parlé de son propre blog et qui du coup m'a donné envie de raconter mes expériences pokeriennes sur la blogosphère. Après réflexion, au-delà du simple kif de la rédaction, j'espère que cette activité me permettra de faire évoluer mon jeu et de souligner mes forces et faiblesses sur certains coups-clé.
Les 3 mains dont je vais parler aujourd'hui se sont passées sur une table à 100€ avec des blinds à 2/4€.
1) Le bluff de l'early position aka "cojones bluff"
Dans ce coup je suis petite blinde avec :


Un main, je vous l'accorde, particulièrement pourrie... Dix joueurs sont a la table et la plupart, si ce n'est tous, sont des joueurs chevronnés. A ce moment de la partie, la table joue plutôt serré. Quand mon tour arrive, 5 joueurs ont limpé. Je rajoute donc 2€ pour caller en sachant très bien que je ne peux pas compter sur mes cartes pour gagner ce coup. La grosse blinde check et c'est parti.
Le flop arrive : 943 rainbow.
Parfait c'est exactement l'ouverture que j'attendais. Mon plan à ce moment-là est d'attaquer un flop inoffensif en early position en partant du principe que plus la position du joueur est mauvaise, plus on a tendance a le voir sur une main faible. C'est peut-être débile mais c'était mon idée. Nous sommes 6 dans le coup, le pot est de 24 euros. Je mise donc 24 euros. Le plan a l'air de marcher, tous les joueurs passent jusqu'au dernier joueur qui me colle. Aïe ...
Je ne me désarme pas et j'essaie de savoir ce qu'il a en main tandis que le croupier est déjà en train de poser la turn. Nombreuses sont les possibilités mais pour moi les plus probables sont les suivantes :
Le tournant est un 7 ! Les choses deviennent compliquées. Si mon adversaire a 56, je suis perdu. Mais bon, je ne me démonte pas il reste encore les autres possibilités. Je décide donc de continuer ce jeu un peu fou et mise 40€ avant d'observer attentivement sa réaction. Il réfléchit, les yeux sur le tableau et finit par caller ! Me voila dans de beaux draps...
La river est un 10 et au moment ou elle tombe j'ai les yeux fixés sur mon adversaire et vu son comportement je sens qu'il espère beaucoup de cette riviere. Par contre, je n'arrive pas a lire si cette rivière l'arrange ou pas. Du coup j'examine les cartes (il faut faire vite car si je dois miser je dois le faire avec assurance et rapidement) et je me dis que ce 10 ne peut pas l'arranger et dans ma tête il y a de grande chance qu'il n'ait qu'au mieux une paire kicker As. Je décide alors de continuer et je remise 40€ et mon adversaire finit par se coucher. J'étais très content de mon coup et - je n'aurais jamais dû, il faudrait que je sache me retenir - je montre mes cartes tout fier ... A ne plus reproduire.
2) A not so strange fold
Autre main un peu plus tôt dans la soirée, pour la première fois de la journée j'ai AA, american airlines, "the rockets" en position de cutoff. 4 limpers avant moi. Je décide de relancer a 20€. Je veux quelques clients et je sais qu'à ce prix j'en aurai au moins 2. Mais a y réfléchir maintenant j'aurais préféré un seul client a 30 ... Comme prévu j'en chope 2, la petite blinde un joueur plutôt académique mais très malchanceux ce soir-là et notre ami blogger.
Le flop arrive KQ9. Le premier joueur mise 40, le deuxième raise a 130 et en 3 secondes je jette mes As (non sans avoir montré a mon voisin qui n'était pas en jeu que j'avais les As... Décidément il faudrait que j'arrête de faire le fanfaron à table...)
Au final les As gagnaient ce coup mais peu importe, j'avais pas mal d'arguments en faveur de ce fold. Le raise a 130 du joueur n°2 indiquait clairement qu'il était fort. Il n'aurait pas relancé avec une simple paire, surtout en sachant que je devais parler derrière et que c'était moi qui avais relancé. Au final notre ami avait Q8 mais était persuadé d'avoir Q9. Il s'est bluffé lui même et du coup je l'ai trouvé convainquant. Voila une paire d'as qui ne m'a couté que 20 euros. C'est surtout ça que j'ai apprécié. Il y a encore quelques mois l'idée de jeter cette paire d'as dans cette configuration ne m'aurait même pas effleuré.
3) L'horreur c'est mieux quand c'est nous qui la faisons
Dans ce coup je suis au bouton avec 67 dépareillés. Le meme joueur n°1 que le coup précedent relance à 22, le même joueur 2, toujours notre ami blogger call. Et moi dans l'optique de varier mon jeu, je décide de payer en sachant très bien ce que je cherche : choper une quinte, un full ou 2 paires; rien d'autre (Et encore les 2 paires je peux aussi les oublier). Je sais très bien que mes 2 adversaires sont mieux servis que moi.
Le flop arrive : 5 de carreau As de trèfle 8 de trèfle. Nous y sommes : tirage quinte par les 2 bouts, mon cœur commence a battre fort car je sais que je serai obligé de pousser pas mal de jetons a un moment ou a un autre. Le joueur n°1 check, le joueur n°2 mise 64€, je call 64€ et le joueur n°1 raise a 164€ (!!!). A ce moment de la soirée mon tapis doit s'élever a environ 600€ et c'est au joueur n°2 de parler. Après une longue réflexion, il finit par se coucher. C'est donc a mon tour de parler. Evidemment je prends mon temps pour analyser la situation, mais finalement l'ultime réflexion de ma part sera : "c'est pas la peine de rentrer avec une main marginale si c'est pour lâcher l'affaire au flop quand on trouve le tirage espéré". Je rajoute donc 100€ supplémentaires en essayant de masquer le mieux possible ce pédalage digne deMiguel Indurain gravissant les Pyrénées.
Le tournant donne un 10 de trèfle. Mon adversaire, premier de parole fait un bet pour le moins interlope; il mise 100€. C'est moins que ça surrelance précédente et le pot est déjà de 400€. Moins de la moitié du pot ! Je prends ça comme une signe de faiblesse ou simplement une manifestation de sa peur de la couleur a trèfle. Je me convainc donc rapidement qu'il n'a aucun trèfle dans la main alors que moi, j'en ai un : le 6. Le call est ici obligatoire : la côte financière de 1 /5 (100€ pour en gagner 500), les outs (9 trèfles, trois 9, trois 8 = 15 outs) qui donnaient mes chances de gagner à près de a près de 30% (ceci est un calcul a la louche si quelqu'un pouvait confirmer mathématiquement j'apprécierais), l'attitude de mon adversaire : tout m'incitait a caller. Je m'exécute donc et rajoute 100€.
La rivière est monstrueuse pour moi : 9 de trèfle. Je trouve ma quinte mais j'ai mieux : couleur avec mon 6 tout pourri. Mon adversaire dépité mise 10 euros que je call immédiatement en montrant mon 6. Il avait floppé son brelan d'as et perd ce pot contre 6 et 7 dépareillés... Dur ... Mais this is poker baby !
Conclusion : une super soirée de poker
En rentrant chez moi a 3h du matin, en plus de la satisfaction du surplus de billets dans ma poche j'avais surtout l'impression d'avoir encore évolué dans mon poker. J'avais fait des moves, des folds énormes, des erreurs aussi, et j'avais surtout beaucoup appris de mes adversaires qui font partie des plus chevronnés des habitués de l'acf.
Les 3 mains dont je vais parler aujourd'hui se sont passées sur une table à 100€ avec des blinds à 2/4€.
1) Le bluff de l'early position aka "cojones bluff"
Dans ce coup je suis petite blinde avec :


Un main, je vous l'accorde, particulièrement pourrie... Dix joueurs sont a la table et la plupart, si ce n'est tous, sont des joueurs chevronnés. A ce moment de la partie, la table joue plutôt serré. Quand mon tour arrive, 5 joueurs ont limpé. Je rajoute donc 2€ pour caller en sachant très bien que je ne peux pas compter sur mes cartes pour gagner ce coup. La grosse blinde check et c'est parti.
Le flop arrive : 943 rainbow.
Parfait c'est exactement l'ouverture que j'attendais. Mon plan à ce moment-là est d'attaquer un flop inoffensif en early position en partant du principe que plus la position du joueur est mauvaise, plus on a tendance a le voir sur une main faible. C'est peut-être débile mais c'était mon idée. Nous sommes 6 dans le coup, le pot est de 24 euros. Je mise donc 24 euros. Le plan a l'air de marcher, tous les joueurs passent jusqu'au dernier joueur qui me colle. Aïe ...
Je ne me désarme pas et j'essaie de savoir ce qu'il a en main tandis que le croupier est déjà en train de poser la turn. Nombreuses sont les possibilités mais pour moi les plus probables sont les suivantes :
- il a une paire kicker As
- il a tirage quinte par les 2 bouts avec 56 ou A2
Le tournant est un 7 ! Les choses deviennent compliquées. Si mon adversaire a 56, je suis perdu. Mais bon, je ne me démonte pas il reste encore les autres possibilités. Je décide donc de continuer ce jeu un peu fou et mise 40€ avant d'observer attentivement sa réaction. Il réfléchit, les yeux sur le tableau et finit par caller ! Me voila dans de beaux draps...
La river est un 10 et au moment ou elle tombe j'ai les yeux fixés sur mon adversaire et vu son comportement je sens qu'il espère beaucoup de cette riviere. Par contre, je n'arrive pas a lire si cette rivière l'arrange ou pas. Du coup j'examine les cartes (il faut faire vite car si je dois miser je dois le faire avec assurance et rapidement) et je me dis que ce 10 ne peut pas l'arranger et dans ma tête il y a de grande chance qu'il n'ait qu'au mieux une paire kicker As. Je décide alors de continuer et je remise 40€ et mon adversaire finit par se coucher. J'étais très content de mon coup et - je n'aurais jamais dû, il faudrait que je sache me retenir - je montre mes cartes tout fier ... A ne plus reproduire.
2) A not so strange fold
Autre main un peu plus tôt dans la soirée, pour la première fois de la journée j'ai AA, american airlines, "the rockets" en position de cutoff. 4 limpers avant moi. Je décide de relancer a 20€. Je veux quelques clients et je sais qu'à ce prix j'en aurai au moins 2. Mais a y réfléchir maintenant j'aurais préféré un seul client a 30 ... Comme prévu j'en chope 2, la petite blinde un joueur plutôt académique mais très malchanceux ce soir-là et notre ami blogger.
Le flop arrive KQ9. Le premier joueur mise 40, le deuxième raise a 130 et en 3 secondes je jette mes As (non sans avoir montré a mon voisin qui n'était pas en jeu que j'avais les As... Décidément il faudrait que j'arrête de faire le fanfaron à table...)
Au final les As gagnaient ce coup mais peu importe, j'avais pas mal d'arguments en faveur de ce fold. Le raise a 130 du joueur n°2 indiquait clairement qu'il était fort. Il n'aurait pas relancé avec une simple paire, surtout en sachant que je devais parler derrière et que c'était moi qui avais relancé. Au final notre ami avait Q8 mais était persuadé d'avoir Q9. Il s'est bluffé lui même et du coup je l'ai trouvé convainquant. Voila une paire d'as qui ne m'a couté que 20 euros. C'est surtout ça que j'ai apprécié. Il y a encore quelques mois l'idée de jeter cette paire d'as dans cette configuration ne m'aurait même pas effleuré.
3) L'horreur c'est mieux quand c'est nous qui la faisons
Dans ce coup je suis au bouton avec 67 dépareillés. Le meme joueur n°1 que le coup précedent relance à 22, le même joueur 2, toujours notre ami blogger call. Et moi dans l'optique de varier mon jeu, je décide de payer en sachant très bien ce que je cherche : choper une quinte, un full ou 2 paires; rien d'autre (Et encore les 2 paires je peux aussi les oublier). Je sais très bien que mes 2 adversaires sont mieux servis que moi.
Le flop arrive : 5 de carreau As de trèfle 8 de trèfle. Nous y sommes : tirage quinte par les 2 bouts, mon cœur commence a battre fort car je sais que je serai obligé de pousser pas mal de jetons a un moment ou a un autre. Le joueur n°1 check, le joueur n°2 mise 64€, je call 64€ et le joueur n°1 raise a 164€ (!!!). A ce moment de la soirée mon tapis doit s'élever a environ 600€ et c'est au joueur n°2 de parler. Après une longue réflexion, il finit par se coucher. C'est donc a mon tour de parler. Evidemment je prends mon temps pour analyser la situation, mais finalement l'ultime réflexion de ma part sera : "c'est pas la peine de rentrer avec une main marginale si c'est pour lâcher l'affaire au flop quand on trouve le tirage espéré". Je rajoute donc 100€ supplémentaires en essayant de masquer le mieux possible ce pédalage digne deMiguel Indurain gravissant les Pyrénées.
Le tournant donne un 10 de trèfle. Mon adversaire, premier de parole fait un bet pour le moins interlope; il mise 100€. C'est moins que ça surrelance précédente et le pot est déjà de 400€. Moins de la moitié du pot ! Je prends ça comme une signe de faiblesse ou simplement une manifestation de sa peur de la couleur a trèfle. Je me convainc donc rapidement qu'il n'a aucun trèfle dans la main alors que moi, j'en ai un : le 6. Le call est ici obligatoire : la côte financière de 1 /5 (100€ pour en gagner 500), les outs (9 trèfles, trois 9, trois 8 = 15 outs) qui donnaient mes chances de gagner à près de a près de 30% (ceci est un calcul a la louche si quelqu'un pouvait confirmer mathématiquement j'apprécierais), l'attitude de mon adversaire : tout m'incitait a caller. Je m'exécute donc et rajoute 100€.
La rivière est monstrueuse pour moi : 9 de trèfle. Je trouve ma quinte mais j'ai mieux : couleur avec mon 6 tout pourri. Mon adversaire dépité mise 10 euros que je call immédiatement en montrant mon 6. Il avait floppé son brelan d'as et perd ce pot contre 6 et 7 dépareillés... Dur ... Mais this is poker baby !
Conclusion : une super soirée de poker
En rentrant chez moi a 3h du matin, en plus de la satisfaction du surplus de billets dans ma poche j'avais surtout l'impression d'avoir encore évolué dans mon poker. J'avais fait des moves, des folds énormes, des erreurs aussi, et j'avais surtout beaucoup appris de mes adversaires qui font partie des plus chevronnés des habitués de l'acf.
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